
Crédit photo-Banque mondiale
La Banque mondiale a approuvé, le 5 février 2026, un financement de 150 millions de dollars en faveur de la République du Gabon pour la mise en œuvre du Projet d’accès aux services de base et d’amélioration des performances (PASBAP). Ce financement est octroyé par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), a annoncé l’institution depuis Washington.
Cette opération vise à soutenir les priorités du gouvernement gabonais en matière de modernisation des services d’eau et d’électricité, de promotion de l’accès universel et de renforcement de la viabilité financière des prestataires de services publics. Le projet s’inscrit également dans une démarche de résilience face au changement climatique et d’atténuation de ses effets, à travers des investissements dans des infrastructures durables et sobres en carbone.
Des progrès freinés par des services peu fiables
Malgré des taux d’accès relativement élevés en milieu urbain — 90 % de la population urbaine a accès à l’eau de base et 94 % à l’électricité — la qualité et la fiabilité des services restent un défi majeur. Les interruptions fréquentes et les performances sous-optimales compromettent les bénéfices attendus pour les ménages et les entreprises.
La situation est encore plus préoccupante en zones rurales, où seulement 55 % de la population a accès à l’eau et 29 % à l’électricité. À cela s’ajoute une quasi-absence d’infrastructures d’assainissement et de traitement des boues fécales, entraînant une contamination généralisée des eaux de surface et souterraines, et un risque accru de maladies hydriques.
535 000 bénéficiaires attendus
Le projet PASBAP entend répondre à ces défis par une approche combinant investissements infrastructurels résilients au climat et réformes institutionnelles et réglementaires. Il devrait bénéficier à environ 535 000 personnes, grâce à :
- l’élargissement de l’accès à l’eau potable et à l’électricité,
- l’amélioration de la fiabilité et de la qualité des services existants,
- l’introduction de services d’assainissement gérés en toute sécurité.
Un accent particulier sera mis sur les zones rurales et périurbaines, avec le déploiement de solutions à faible émission de carbone, contribuant ainsi aux engagements climatiques du pays.
Un levier pour le capital humain et la croissance inclusive
Pour la Banque mondiale, l’amélioration de l’accès aux services de base constitue un pilier fondamental du développement. « L’amélioration de l’accès aux services de base est essentielle pour renforcer le capital humain, soutenir une croissance économique inclusive et accroître la résilience aux chocs climatiques », souligne Cheick Fantamady Kanté, directeur de division de la Banque mondiale pour le Cameroun, la République centrafricaine, la République du Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale. Il ajoute que le projet « combine des investissements prioritaires avec les réformes nécessaires pour améliorer durablement les performances du secteur et garantir des services fiables aux ménages et aux entreprises ».
Un projet aligné sur les priorités nationales et régionales
Le PASBAP s’inscrit dans le cadre du Plan national de développement (PND) 2025-2032 du Gabon, ainsi que du cadre de partenariat entre la Banque mondiale et le Gabon. Il est également aligné avec la stratégie du Groupe de la Banque mondiale pour l’eau, qui vise à améliorer la sécurité hydrique d’ici 2030, et avec l’initiative Mission 300, dont l’objectif est de raccorder les populations africaines à l’électricité à l’horizon 2030.
Avec ce financement, le Gabon franchit une étape importante vers l’amélioration durable de ses services essentiels, condition indispensable à une croissance inclusive, résiliente et respectueuse de l’environnement.
Danielle N.



