AXIAN et la BAD s’allient pour financer 34 000 entreprises dirigées par des femmes en Afrique
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Le groupe panafricain AXIAN et la Banque africaine de développement (BAD) lancent un programme destiné à renforcer l’accès au financement et aux outils numériques de 34 000 entreprises dirigées par des femmes dans cinq pays africains. Soutenue par l’initiative AFAWA et le programme We-Fi, cette opération mise sur le mobile money et le crédit digital pour réduire l’un des principaux freins à la croissance des entrepreneures africaines.
Le financement des entreprises féminines reste l’un des grands défis du développement du secteur privé africain. C’est précisément sur ce terrain que la Banque africaine de développement (BAD) et le groupe panafricain AXIAN veulent accélérer.
Les deux partenaires ont annoncé, le 2 septembre 2026, le lancement d’un programme d’inclusion financière qui ambitionne d’accompagner 34 000 micro, petites et moyennes entreprises (MPME) dirigées par des femmes dans trois marchés : Madagascar, la Tanzanie et le Sénégal.
À travers les plateformes financières numériques du groupe, notamment Mixx et MVola, l’initiative entend rapprocher les entrepreneures des services financiers formels, tout en développant leurs compétences numériques et financières.
49 milliards de dollars de financement manquant
L’enjeu dépasse largement la seule question de l’accès au crédit. L’Afrique affiche le taux d’entrepreneuriat féminin le plus élevé au monde, mais les femmes entrepreneures restent confrontées à d’importantes difficultés pour obtenir les capitaux nécessaires au développement de leurs activités.
Selon les données citées par AXIAN et la BAD, le déficit de financement auquel font face les entreprises appartenant à des femmes en Afrique est estimé à 49 milliards de dollars.
Ce manque de capitaux limite leur capacité à investir, recruter, formaliser leurs activités et accéder à de nouveaux marchés. Pour les institutions financières, les entrepreneures opérant dans l’informel ou disposant de peu d’historique bancaire restent également difficiles à évaluer selon les critères traditionnels de solvabilité.
C’est sur cette fracture que le numérique entend intervenir.
Le mobile money comme porte d’entrée vers le financement
Le programme reposera notamment sur les services de mobile money, le crédit digital et des mécanismes alternatifs d’évaluation de la solvabilité.
L’objectif est de pouvoir proposer des services financiers à des entrepreneures qui ne disposent pas nécessairement des garanties, des documents financiers ou de l’historique de crédit habituellement exigés par les banques.
L’utilisation des données issues des transactions numériques peut notamment permettre de mieux comprendre l’activité économique d’une microentreprise et, potentiellement, de faciliter son accès à certains produits financiers.
AXIAN prévoit ainsi de développer des produits financiers adaptés aux besoins spécifiques des entreprises dirigées par des femmes, tout en renforçant leur accompagnement dans leur transition vers l’économie formelle.
« À travers l’Afrique, des millions de femmes dirigent déjà des entreprises performantes. Le défi n’est pas l’entrepreneuriat. Le défi réside dans l’accès au financement, aux outils numériques et aux opportunités de croissance », souligne Erwan Gelebart, CEO d’AXIAN Digibank & Fintech.
25 000 femmes bénéficieront également de formations
Le programme ne se limite pas au financement. Un deuxième volet prévoit de former 25 000 femmes à Madagascar, en Tanzanie, au Sénégal, au Togo et aux Comores. Les formations porteront notamment sur l’éducation financière, les compétences numériques et l’entrepreneuriat.
Cette dimension est stratégique. L’accès au crédit ne garantit pas à lui seul la croissance d’une entreprise. La capacité à gérer sa trésorerie, utiliser les outils numériques, comprendre les produits financiers et structurer son activité constitue également un facteur déterminant de pérennité.
Le dispositif repose ainsi sur cinq priorités : élargir l’accès aux services financiers numériques, renforcer les compétences financières et digitales, concevoir des produits adaptés aux entrepreneures, accélérer l’inclusion numérique et accompagner les entreprises dans leur formalisation et leur développement.
AFAWA et We-Fi au cœur du dispositif
L’initiative est déployée dans le cadre de l’Affirmative Finance Action for Women in Africa (AFAWA), programme de la Banque africaine de développement consacré à l’amélioration de l’accès des femmes au financement. Elle bénéficie également du soutien de Women Entrepreneurs Finance Initiative (We-Fi).
Pour la BAD, l’enjeu est de transformer l’inclusion financière féminine en véritable levier de croissance.
« Les femmes entrepreneures jouent un rôle central dans la transformation économique du continent, mais elles restent trop nombreuses à faire face à des barrières limitant leur accès au financement, aux outils numériques et à l’accompagnement », explique Melissa Basque-Roux, coordinatrice de l’initiative AFAWA.
Le choix d’un modèle combinant financement numérique, formation et accompagnement vise ainsi à s’attaquer simultanément à plusieurs obstacles qui freinent la croissance des entreprises féminines.
Une nouvelle étape dans le partenariat entre AXIAN et la BAD
Cette opération prolonge une relation déjà engagée entre le groupe AXIAN et la Banque africaine de développement.
En janvier 2025, la BAD avait approuvé un prêt senior de 160 millions de dollars destiné à soutenir le développement de la connectivité numérique et de l’inclusion financière d’AXIAN dans neuf pays africains. Une partie de ce financement devait notamment contribuer à l’accès aux services financiers de 22 000 femmes entrepreneures à Madagascar.
Le nouveau programme élargit donc considérablement l’ambition, en s’appuyant sur les infrastructures numériques et les plateformes financières développées par le groupe.
Le numérique, nouveau levier de bancarisation des entrepreneures
Au-delà des 34 000 entreprises ciblées, l’initiative illustre une transformation plus profonde du financement des petites entreprises africaines.
Dans des marchés où une part importante de l’activité économique échappe encore aux circuits bancaires traditionnels, le téléphone mobile devient progressivement une infrastructure financière. Mobile money, paiements numériques, épargne et crédit digital peuvent permettre à des millions de petits entrepreneurs d’entrer progressivement dans le système financier formel.
Pour les femmes entrepreneures, souvent confrontées à un accès plus limité au capital, cette évolution pourrait constituer un accélérateur de croissance.
La réussite du programme dépendra toutefois de sa capacité à produire des financements réellement abordables, à limiter le risque de surendettement et à transformer l’accès aux services numériques en croissance durable des entreprises.
Pour AXIAN comme pour la BAD, le pari est clair : faire de l’inclusion financière féminine non seulement un enjeu social, mais un véritable moteur de création de valeur, d’emplois et de croissance pour les économies africaines.
Danielle N.



