Justin Bressac : l’étudiant français qui transforme l’eau en lumière pour les populations en détresse

Crédit photo-La Nouvelle République
Face à l’augmentation des catastrophes naturelles et des coupures prolongées d’électricité, un étudiant français en ingénierie mécanique propose une solution aussi simple qu’ingénieuse : une lampe capable de produire de la lumière après un simple contact avec de l’eau. Derrière cette innovation se trouve Justin Bressac, étudiant à l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM), dont le projet baptisé Torpedo a déjà attiré l’attention de plusieurs organisations et concours internationaux.
Une invention née d’un constat humanitaire
L’idée a germé après l’observation des conséquences de catastrophes naturelles sur les populations. En regardant les images du cyclone Chido qui a frappé Mayotte, Justin Bressac a été marqué par les difficultés rencontrées par les habitants privés d’électricité pendant plusieurs jours.
« Lorsqu’il y a une catastrophe naturelle, la perte d’électricité devient un problème majeur. Les populations se retrouvent plongées dans le noir dès la tombée de la nuit », explique-t-il dans une vidéo de présentation du projet.
Partant de ce constat, l’étudiant a consacré près d’un an et demi de recherche et de développement à la conception d’une lampe d’urgence destinée aux ONG, aux zones isolées et aux populations affectées par des inondations, des typhons ou d’autres crises humanitaires.
Comment fonctionne cette lampe à eau ?
Contrairement à une idée répandue, l’eau n’est pas utilisée comme carburant. Elle agit plutôt comme un déclencheur d’une réaction électrochimique permettant de produire de l’électricité.
Lorsque la lampe est immergée quelques secondes dans l’eau, une réaction se produit à l’intérieur du dispositif grâce à un bloc de magnésium, générant suffisamment d’énergie pour alimenter l’éclairage.
Selon son inventeur, une seule activation permet d’obtenir jusqu’à 20 heures d’éclairage, un avantage considérable dans les situations d’urgence où les batteries conventionnelles sont souvent indisponibles ou déchargées.
Autre particularité : la technologie fonctionne avec différents types d’eau, qu’il s’agisse d’eau douce, d’eau de mer, d’eau du robinet ou même d’eau non potable.
Une solution durable et recyclable
Au-delà de son utilité sociale, Torpedo se distingue par son approche environnementale. Le corps de la lampe est fabriqué à partir de plastique recyclé imprimé en 3D, tandis que certaines pièces métalliques proviennent d’anciens appareils électroménagers récupérés.
L’étudiant souligne également un avantage logistique important : contrairement aux lampes à piles classiques, le dispositif peut être stocké pendant plusieurs années sans risque d’autodécharge.
Cette caractéristique en fait un outil particulièrement adapté aux stocks d’urgence constitués par les organisations humanitaires, les collectivités locales ou les services de protection civile.
Une reconnaissance internationale
Le caractère innovant et l’impact potentiel de la lampe Torpedo ont valu au projet une sélection parmi les finalistes du Green Concept Award 2026, un concours international récompensant les innovations durables à fort impact environnemental et sociétal.
Selon les organisateurs, plus de 1 500 candidatures provenant d’une cinquantaine de pays ont été examinées avant la sélection finale.
Le 28 mai 2026, Justin Bressac annonçait avec fierté la participation de son invention à la finale du concours, estimant que « l’innovation doit être utile et avoir un impact concret sur la vie des gens ».
Une innovation pour un monde plus vulnérable
Alors que les experts climatiques anticipent une augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements météorologiques extrêmes dans les prochaines décennies, les solutions d’éclairage autonomes pourraient devenir un élément essentiel des dispositifs de secours.
Déjà envisagée pour des déploiements dans des régions exposées aux typhons, notamment aux Philippines, la lampe Torpedo illustre la manière dont les jeunes ingénieurs peuvent mettre la technologie au service des défis humanitaires contemporains.
Avec cette invention, Justin Bressac démontre qu’une innovation n’a pas besoin d’être complexe pour être révolutionnaire : parfois, quelques secondes au contact de l’eau suffisent à redonner de la lumière là où elle a disparu.
Danielle N.



