Guscio : ces deux frères qui transforment les coquilles de Saint-Jacques en « Marbre des Mers »

Sur la Côte d’Opale, Martin et Clément Delattre ont choisi de voir dans les montagnes de coquilles abandonnées non pas un déchet, mais une matière première. Après des centaines d’essais dans la cave familiale, les deux frères ont mis au point le « Marbre des Mers », un matériau minéral composé à 50 % de coquillages recyclés et de déchets marins collectés à Boulogne-sur-Mer.

Tout commence loin des laboratoires et des grandes unités industrielles. Dans la cave de leurs parents, sur la Côte d’Opale, deux frères observent ce que l’industrie maritime laisse derrière elle : des tonnes de coquilles de Saint-Jacques, considérées comme des déchets après consommation. Martin et Clément y voient pourtant autre chose. Une ressource.
Fils d’un marin-pêcheur, ils connaissent intimement cet environnement côtier qui les a vus grandir. Alors, plutôt que de laisser ces coquilles finir enfouies ou incinérées, ils décident d’expérimenter. Ils broient, mélangent, testent. Les premières tentatives échouent. Ils recommencent. Encore et encore.
Des centaines d’essais plus tard, leur obstination finit par payer. Une nouvelle matière voit le jour : le « Marbre des Mers », matériau développé par Guscio, leur entreprise.
Quand le déchet devient matière première
L’idée de Guscio repose sur un principe désormais au cœur de l’économie circulaire : transformer un déchet en ressource. Le matériau développé par les deux frères est composé à 50 % de coquillages recyclés, auxquels s’ajoutent des déchets marins collectés à Boulogne-sur-Mer. L’objectif est de donner une seconde vie à des volumes importants de coquilles qui étaient jusqu’ici destinées à l’enfouissement ou à l’incinération.
Le résultat ne cherche pas à masquer son origine. Au contraire, Guscio fait de la matière marine son identité esthétique. Le « Marbre des Mers » puise ainsi son caractère minéral dans les coquillages qui le composent, transformant une contrainte environnementale locale en matériau destiné à de nouveaux usages.
De la cave familiale à l’atelier
L’aventure entrepreneuriale a depuis changé d’échelle. La cave des parents a laissé place à un atelier. Mais les fondateurs revendiquent une continuité : celle d’une fabrication qui conserve une forte dimension artisanale.
Chaque pièce est façonnée à la main, avec une attention particulière portée à la matière et aux finitions. Cette approche constitue l’un des marqueurs de Guscio : produire autrement, sans dissocier l’innovation de la proximité avec la matière et le territoire.
Le procédé revendiqué par l’entreprise exclut par ailleurs l’ajout d’additifs chimiques et de matières plastiques dans la composition finale. Guscio met également en avant l’absence de composés organiques volatils (COV) dans ses produits finis.
Une industrie inspirée par l’océan
Derrière Guscio, il y a donc une histoire de famille, mais aussi une conviction : les territoires possèdent déjà une partie des ressources nécessaires à leur propre transformation.
À Boulogne-sur-Mer, l’économie maritime génère une quantité importante de coquilles de coquillages. Pour les deux frères, le véritable défi consiste désormais à changer le regard porté sur ces résidus.
Ce qui était hier considéré comme un déchet peut devenir demain une matière à valeur ajoutée.
Cette philosophie s’inscrit dans une tendance plus large de l’industrie : l’upcycling, ou surcyclage, qui consiste à réintroduire des matières destinées à être jetées dans de nouveaux cycles de production, en leur donnant une valeur supérieure ou différente.
Une ambition qui dépasse la Côte d’Opale
Pour Guscio, l’enjeu n’est pas uniquement de créer un matériau original. Il s’agit aussi de démontrer qu’une innovation industrielle peut prendre racine dans un problème très local et trouver une réponse dans l’économie circulaire.
Les coquilles collectées à Boulogne-sur-Mer deviennent ainsi le point de départ d’une nouvelle chaîne de valeur.
L’histoire de Martin et Clément raconte finalement une autre manière d’entreprendre : partir d’un territoire, observer ses ressources inexploitées et transformer ce qui était considéré comme une contrainte en opportunité.
Dans leur atelier, les deux frères continuent de travailler cette matière née au bord de la mer. Leur pari tient en une idée simple : et si les déchets d’aujourd’hui devenaient les matériaux de demain ?
Avec Guscio®, la réponse commence par les coquilles de Saint-Jacques.
Danielle N.



