L’économiste mauritanien Zeine Zeidane prend les rênes du département Afrique du FMI

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Le Fonds monétaire international (FMI) amorce un tournant stratégique pour ses opérations en Afrique.Sa directrice générale, Kristalina Georgieva, a annoncé la nomination prochaine de l’économiste mauritanien Zeine Zeidane à la tête du département Afrique, en remplacement d’Abebe Aemro Selassie, dont le départ à la retraite est prévu le 1er mai 2026.
Un profil expérimenté pour un contexte économique exigeant
Dans un environnement marqué par une pression accrue sur les finances publiques, une montée de l’endettement et des besoins croissants en financement, le choix de Zeine Zeidane s’inscrit dans une logique de continuité et de renforcement de l’expertise du FMI sur le continent. « Zeine mettra sa connaissance approfondie de l’institution, son sens du discernement et sa grande expérience en élaboration des politiques au service du département Afrique », a souligné Kristalina Georgieva.
Ressortissant mauritanien, Zeine Zeidane cumule plus de vingt ans d’expérience dans la formulation des politiques macroéconomiques et la coopération internationale. Il occupe actuellement le poste de directeur adjoint du département Moyen-Orient et Asie centrale, où il supervise notamment les relations avec les pays du Golfe et participe au renforcement des partenariats stratégiques du FMI, illustrés par l’ouverture du bureau régional de Riyad en 2024.
Une connaissance fine des enjeux africains
La nomination de Zeidane n’est pas un saut dans l’inconnu. Il connaît déjà les dynamiques du continent pour avoir été auparavant directeur adjoint du département Afrique du FMI. À ce titre, il a été impliqué dans certaines des opérations les plus complexes de l’institution en Afrique subsaharienne.
Il a notamment contribué à l’adaptation des politiques de prêts concessionnels et à la mobilisation d’outils d’urgence, comme le fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes (ARC), particulièrement sollicité pendant la pandémie de Covid-19.
Son passage au département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation lui a également permis de jouer un rôle clé dans l’élaboration de la politique de gouvernance du FMI en 2018, un cadre central pour la transparence et la gestion des risques dans les pays membres.
Un parcours entre institutions internationales et responsabilités nationales
Avant de rejoindre le FMI en 2012, Zeine Zeidane a occupé plusieurs fonctions de premier plan en Mauritanie, notamment celles de Premier ministre, de gouverneur de la Banque centrale et de conseiller économique du président.
Ce parcours, complété par des expériences à la Banque mondiale et dans le secteur bancaire commercial, lui confère une double lecture des enjeux : à la fois institutionnelle et opérationnelle. Un atout majeur dans un contexte où les pays africains attendent des solutions adaptées à leurs réalités économiques.
Un rôle clé dans la relation FMI–Afrique
Le département Afrique du FMI joue un rôle central dans l’accompagnement des pays subsahariens, que ce soit à travers : les programmes de financement, les conseils en politiques économiques, ou le renforcement des capacités institutionnelles.
Avec une demande croissante des États africains pour des solutions sur mesure, la mission du département devient de plus en plus stratégique, notamment face aux défis liés à la dette, aux chocs externes et à la transformation structurelle des économies.
Pour Kristalina Georgieva, les qualités personnelles de Zeidane seront déterminantes : « Le calme et la pondération dont il fait preuve se sont révélés particulièrement efficaces pour résoudre des problèmes difficiles et délicats. »
Un signal fort pour la représentation africaine
Au-delà des enjeux économiques, cette nomination constitue également un signal fort en matière de représentation africaine au sein des grandes institutions financières internationales.
Titulaire d’un doctorat en mathématiques appliquées et d’un diplôme de troisième cycle en macroéconomie de l’Université de Nice, Zeine Zeidane incarne une génération de décideurs africains capables d’évoluer au plus haut niveau des instances économiques mondiales.
Avec cette nomination, le FMI mise sur un profil hybride, à la croisée des réalités africaines et des exigences de la gouvernance économique globale — un choix stratégique à l’heure où le continent redéfinit ses priorités de développement.
Danielle N.



