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B-SAFE : la technologie qui rend vos soirées plus sûres

Il y a des inventions qui naissent d’un chiffre qui dérange. Pour la startup française LUEUR, ce chiffre est celui-ci : sur 1 500 étudiants interrogés, 82 % disent s’inquiéter régulièrement pour la sécurité de leur verre en soirée, et 60 % affirment avoir été confrontés, directement ou indirectement, à la soumission chimique. Face à l’absence d’une solution vraiment fiable et adaptée au terrain, l’équipe de LUEUR a mis au point B-SAFE, un détecteur électronique réutilisable capable d’identifier une trentaine de substances dans une boisson.

Le constat de départ

La soumission chimique, l’administration d’une substance à l’insu d’une personne, généralement à des fins d’agression reste un phénomène difficile à combattre : les molécules utilisées, comme le GHB, sont souvent incolores, inodores et indétectables sans matériel spécifique. Les solutions existantes jusqu’ici, bandelettes ou capuchons de verre jetables, ne couvrent généralement qu’une seule substance et ne survivent qu’à un seul usage. C’est ce vide que LUEUR a choisi de combler.

Comment fonctionne B-SAFE

Le dispositif se présente sous la forme d’un stylo électronique épais, à immerger directement dans le verre à tester. Le protocole tient en trois étapes :

  1. Insertion – on plonge l’extrémité du B-SAFE dans la boisson à analyser.
  2. Analyse – on remue légèrement le dispositif, qui scrute la boisson pendant environ 30 secondes.
  3. Lecture du signal – un voyant lumineux indique le résultat : vert fixe si aucune substance suspecte n’est détectée, rouge clignotant dans le cas contraire.

Le dispositif serait capable de repérer plus d’une trentaine de substances, parmi lesquelles le GHB et certaines benzodiazépines comme le Valium. Une version connectée du dispositif permettrait en outre de faire remonter une alerte à une application dédiée, facilitant le déclenchement des protocoles de sécurité internes d’un établissement, voire le contact avec les secours.

Une caution scientifique revendiquée

Pour se démarquer des gadgets qui ont pu fleurir sur ce marché ces dernières années, LUEUR met en avant un ancrage scientifique : sept brevets déposés, un board scientifique indépendant, des collaborations annoncées avec le CEA et le CNRS, et un encadrement assuré par le Pr Alvarez, du CHU de Garches.

Conçu et fabriqué en France, le dispositif a depuis été relayé dans plusieurs médias, dont Le Parisien et France 3 Régions, et a été récompensé par plusieurs concours d’innovation, dont le prix du Rotary Club de Rueil-Malmaison et le concours Made in 92 dans la catégorie santé, sport et bien-être ; Lauréats du concours Total EDHEC Entreprendre ; Lauréats du concours Total EDHEC Entreprendre ; Finalistes Vivatech au concours Next Startupper ; Vainqueurs du prix de l’innovation lors de la Nuit de l’Événementiel, etc.

Le visage derrière l’invention

Le projet porte la signature de Mikailou Thiam, ingénieur en électrochimie de 33 ans originaire du quartier du Clos-des-Roses à Compiègne. Après plus de dix ans de recherche et de développement, dont un passage par la conception de capteurs de glucose, il a transposé cette expertise des capteurs chimiques vers la détection de drogues dans les boissons. Un travail qu’il mène depuis trois ans avec une prudence assumée : il reconnaît avoir douté tout au long de son parcours, et continue de considérer le projet comme encore à ses débuts, même si une centaine d’exemplaires d’une première version sont déjà commercialisés auprès de professionnels servant de l’alcool.

Vers les bars et lieux festifs

B-SAFE ne vise pas les particuliers en priorité, notamment en raison de sa forme peu discrète, mais plutôt les professionnels confrontés à ce risque au quotidien : bars, discothèques, organisateurs d’événements, festivals, associations et collectivités. Le dispositif n’est d’ailleurs pas distribué en vente libre : LUEUR annonce accompagner chaque établissement pour en assurer un déploiement cohérent. Plusieurs bars parisiens font partie des premiers établissements à s’en équiper, dans une logique de “safe place” pour leur clientèle.

Une prudence à garder à l’esprit

Aucun dispositif de ce type ne peut couvrir la totalité des substances utilisées dans les agressions par soumission chimique, dont beaucoup restent des médicaments sédatifs difficiles à cataloguer, et un résultat positif n’a pas valeur de preuve devant la justice. B-SAFE a le mérite de proposer un outil réutilisable et multi-substances pensé pour les établissements, mais il ne remplace ni la vigilance collective ni les autres dispositifs de prévention existants. En France, l’enquête nationale sur la soumission chimique menée par le réseau d’Addictovigilance, sous tutelle de l’ANSM, recensait déjà plus d’un millier de signalements suspects. Un rappel que la technologie ne peut être qu’un maillon d’une réponse plus large.

Danielle N.

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