OMC : la CM14 de Yaoundé s’achève sur des avancées notables, mais des négociations encore ouvertes

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La 14e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’est clôturée aux premières heures du 30 mars dans la capitale camerounaise, marquant une étape importante pour le système commercial multilatéral, malgré des dossiers majeurs encore en suspens.
Pendant quatre jours, près de 2 000 responsables du commerce, dont plus de 90 ministres, ont pris part à ces discussions stratégiques, faisant de Yaoundé le centre des négociations commerciales mondiales. Il s’agissait de la deuxième conférence ministérielle de l’OMC organisée sur le continent africain.
Un bilan salué malgré des délais contraints
Présidant la conférence, le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a salué l’engagement des délégations : « Vous avez fait preuve d’une participation constructive malgré de longues journées et de courtes nuits. Vous avez démontré votre détermination à faire de la CM14 une conférence historique. »
L’objectif affiché était clair : parvenir à des résultats concrets sur un maximum de dossiers. Si plusieurs avancées ont été enregistrées, le manque de temps a empêché de finaliser certaines questions sensibles, notamment : le programme de travail sur le commerce électronique ; le maintien des moratoires sur les droits de douane appliqués aux transmissions électroniques ; et les plaintes dites de non-violation liées à l’Accord sur les ADPIC.
Des progrès sur la réforme de l’OMC et la pêche
La Directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, s’est néanmoins montrée optimiste quant aux résultats obtenus : « Beaucoup de choses ont été accomplies. Nous avons décidé de travailler différemment (…) pour être plus agiles et plus réactifs. »
Parmi les avancées majeures : un engagement à accélérer les discussions sur la réforme de l’OMC ; la poursuite des négociations sur les subventions à la pêche, avec l’objectif d’aboutir à des disciplines globales d’ici la 15e Conférence ministérielle ; l’adoption de deux décisions importantes portant sur : l’intégration des petites économies dans le commerce mondial ; le renforcement du traitement spécial et différencié dans les accords SPS (sanitaires et phytosanitaires) et OTC (obstacles techniques au commerce).
Le “paquet de Yaoundé” en ligne de mire
Malgré ces avancées, plusieurs textes clés n’ont pas été finalisés. La Directrice générale appelle désormais à poursuivre les négociations à Genève, en s’appuyant sur les projets élaborés à Yaoundé.
Ce que l’on appelle désormais le «paquet de Yaoundé » comprend notamment : un projet de déclaration ministérielle sur la réforme de l’OMC ; un projet de décision sur le commerce électronique ; un projet concernant le moratoire sur les ADPIC ; un ensemble de mesures en faveur des pays les moins avancés (PMA).
« Nous sommes très proches d’un ensemble d’accords (…) mais nous n’y sommes pas encore tout à fait », a reconnu Ngozi Okonjo-Iweala. Elle a insisté toutefois sur l’urgence d’aboutir, notamment en raison de l’expiration imminente de certains moratoires clés.
Une étape stratégique pour le multilatéralisme
La CM14 de Yaoundé aura ainsi permis de relancer une dynamique de négociation dans un contexte international marqué par des tensions commerciales et géopolitiques croissantes. Si les résultats restent partiels, la conférence aura posé les bases d’accords potentiellement structurants pour l’avenir de l’OMC et du commerce mondial.
La prochaine étape décisive se jouera à Genève, où les États membres sont désormais attendus pour transformer l’essai et finaliser les engagements esquissés au Cameroun.
Danielle N.



