La BEAC rejoint officiellement le PAPSS pour accélérer les paiements transfrontaliers en Afrique

Crédit photo-beac. int
La Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a officiellement intégré le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), une étape majeure pour l’amélioration des transactions financières entre les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et le reste du continent. Cette adhésion renforce les ambitions de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui vise à créer un marché unique de 1,4 milliard de consommateurs.
Une avancée pour les paiements intra-africains
Annoncée lors de la 32ᵉ Assemblée annuelle d’Afreximbank, tenue à Abuja, au Nigeria, l’adhésion de la BEAC au PAPSS ouvre la voie à des paiements transfrontaliers plus rapides, moins coûteux et plus efficaces pour les opérateurs économiques de la sous-région.
« En rejoignant le PAPSS, la BEAC crée les conditions nécessaires à des paiements transfrontaliers plus rapides, plus abordables et plus efficaces entre les pays de la CEMAC et le reste de l’Afrique », a déclaré Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC et président de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA).
Il a également invité les banques commerciales et les institutions financières de la région à se préparer à intégrer cette infrastructure de paiement continentale.
« Le succès de l’intégration commerciale africaine dépendra non seulement des politiques et des infrastructures, mais aussi de la participation active du secteur financier. Le PAPSS fournit une solution pratique pour soutenir cette vision », a-t-il ajouté.
Un outil stratégique pour la ZLECAf
Lancé en janvier 2022 par Afreximbank, en partenariat avec le Secrétariat de la ZLECAfet l’Union africaine, le PAPSS permet d’effectuer des paiements transfrontaliers en monnaies locales sans passer systématiquement par des devises tierces comme le dollar américain ou l’euro.
L’objectif est de réduire les coûts de transaction, d’accélérer les règlements commerciaux et de faciliter les échanges entre entreprises africaines.
Selon Afreximbank, les entreprises africaines perdent chaque année plusieurs milliards de dollars en frais liés aux paiements transfrontaliers et aux conversions de devises. Le PAPSS entend remédier à cette situation en offrant une infrastructure de paiement intégrée à l’échelle du continent.
Un réseau en pleine expansion
Avec l’arrivée de la BEAC, le réseau PAPSS poursuit son expansion. La plateforme couvre désormais : 28 pays africains ; 16 systèmes de paiement nationaux et régionaux ; plus de 190 banques commerciales et fintechs connectées.
Cette progression témoigne de l’intérêt croissant des banques centrales et des institutions financières africaines pour les solutions favorisant l’intégration économique régionale.
Pour les six pays de la CEMAC : Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad, cette intégration pourrait contribuer à fluidifier les échanges commerciaux avec les autres régions du continent, tout en réduisant les délais et les coûts des transactions.
Vers une intégration financière africaine renforcée
L’adhésion de la BEAC au PAPSS constitue une étape importante dans la construction d’un marché africain intégré. En facilitant les paiements transfrontaliers, la plateforme pourrait devenir l’un des principaux leviers financiers de la ZLECAf et soutenir le développement du commerce intra-africain, qui reste encore faible comparé à d’autres régions du monde.
Alors que l’Afrique poursuit ses efforts d’intégration économique, la participation des banques centrales, des établissements financiers et des fintechs sera déterminante pour faire du PAPSS un outil incontournable du commerce continental.
Danielle N.



