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Cameroun : la BID accorde 238 millions de dollars pour réhabiliter l’axe Douala-Bafoussam

Crédit photo : Investir au pays

Le Cameroun a signé le 13 octobre à Bangkok un accord de financement de 212,35 millions d’euros, soit 238 millions de dollars, avec la Banque islamique de développement (BID) pour réhabiliter la route Douala-Bafoussam. Près de 219 km de nationale et 108 km de routes de desserte doivent relier plus efficacement le premier port du pays au bassin agricole de l’Ouest.

L’accord signé à Bangkok

Le ministère camerounais de l’Économie a annoncé, dans un communiqué publié le 13 octobre 2026, la signature de l’accord le mardi 13 octobre 2026 à Bangkok, en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, par le ministre de l’Économie Alamine Ousmane Mey et le président de la BID, Muhammad Sulaiman Al Jasser. Selon l’Agence Ecofin, il concrétise un financement approuvé par le conseil d’administration de la banque en mai 2025. Selon Lebledparle, il fait suite à un décret présidentiel du 2 octobre autorisant sa signature.

Selon Investir au Cameroun, l’opération prend, conformément aux principes de la finance islamique, la forme d’un accord de vente à tempérament, et non d’un prêt à intérêt classique. Sa maturité est de 20 ans.

Élément Détail
Coût total du projet 229,93 millions d’euros (150,82 milliards FCFA)
Apport de la BID 212,35 millions d’euros (139,2 milliards FCFA), soit 92,35 %
Contribution du Cameroun 17,58 millions d’euros (11,53 milliards FCFA)
Route principale 218,9 km entre Douala et Bafoussam
Routes de desserte 108 km

Données du tableau : MINEPAT et Investir au Cameroun. Selon Camer.be, la route principale est découpée en trois lots : Bekoko-Penja (70 km), Penja-Pont du Nkam (77,7 km) et Pont du Nkam-Bandjoun (71,2 km).

Un corridor stratégique

La route nationale 5 relie Douala, capitale économique et siège du principal port du pays, à Bafoussam, chef-lieu de la région de l’Ouest et cœur du bassin agricole camerounais. Elle dessert aussi les échanges avec le Nord-Ouest.

Selon Camer.be, son état est aujourd’hui critique : nids-de-poule, affaissements et temps de trajet qui peuvent atteindre une dizaine d’heures. Pour les transporteurs, les commerçants et les producteurs agricoles, cela se traduit par des coûts logistiques élevés, des pertes de marchandises et des délais imprévisibles.

Selon le communiqué du MINEPAT, la réhabilitation doit faciliter l’acheminement des produits vers les marchés nationaux et internationaux, notamment via le port de Douala, et réduire les coûts de transport. Les 108 km de routes de desserte doivent quant à eux améliorer l’accès des zones rurales aux grands axes, même si leur localisation précise n’a pas été détaillée.

La BID, un partenaire de long terme

Selon le communiqué du MINEPAT, le Cameroun est membre de la BID depuis 1977, et les approbations cumulées de l’institution en faveur du pays atteignent 4,22 milliards de dollars.

Ce financement s’inscrit dans une série d’investissements routiers d’envergure. Selon Camer.be, un autre décret présidentiel a autorisé le même 2 octobre un prêt de 347,5 millions d’euros de la Banque mondiale pour le corridor Douala-Bangui. Selon AllAfrica, la Banque africaine de développement finance par ailleurs, à hauteur de 330,48 millions d’euros, la réhabilitation de la section Ngaoundéré-Garoua sur le corridor Douala-N’Djamena. Selon l’Agence Ecofin, le programme national de réhabilitation routière affiche un taux d’exécution physique d’environ 74 %.

Les défis du chantier

Obtenir le financement n’est que la première étape. Le Cameroun a connu des retards importants sur plusieurs grands projets routiers, à l’image de l’autoroute Yaoundé-Douala, dont la deuxième phase peine à avancer selon AllAfrica. La réussite du projet Douala-Bafoussam dépendra de plusieurs facteurs :

  • la rapidité des appels d’offres et du démarrage des travaux sur les trois lots ;
  • la capacité à maintenir la circulation pendant le chantier, sur un axe très fréquenté ;
  • l’entretien de la route une fois réhabilitée, pour ne pas revenir au point de départ ;
  • la lutte contre les tracasseries routières, qui renchérissent le transport indépendamment de l’état de la chaussée.

Si ces conditions sont réunies, la nationale 5 pourrait redevenir ce qu’elle devrait être : une artère économique reliant efficacement les zones de production de l’Ouest au premier port d’Afrique centrale.

 

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