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Marietta Gonroudobou : la scientifique béninoise qui met la technologie au service de l’agriculture

Crédit photo : afrik

Doctorat obtenu au Japon, retour au Bénin, drones et cartographie au service des agriculteurs : Marietta Gonroudobou a bâti son parcours à la croisée de la recherche scientifique et de l’entrepreneuriat agricole. Fondatrice d’Agro Hikari, elle a remporté le 30 septembre le Prix Pierre Castel 2026, offrant au Bénin sa toute première victoire dans ce concours panafricain.

Une chercheuse formée au Japon

Selon le portrait publié par AgroMakers sur LinkedIn en octobre 2026, Marietta Gonroudobou a obtenu en 2022 un doctorat en sciences agronomiques à l’université d’Iwate, au Japon. Ses travaux portent sur les systèmes de production végétale et l’amélioration de la qualité des cultures.

Toujours selon AgroMakers, sa thèse s’est intéressée à une question très concrète : le rôle du bore dans l’apparition de micro-fissures sur les tomates. Ce phénomène, apparemment anodin, réduit la durée de conservation des fruits et leur valeur commerciale. Une problématique directement liée aux pertes post-récolte, l’un des grands défis de l’agriculture africaine.

Agro Hikari : de la communauté à l’agriculture de précision

Selon AgroMakers, c’est pendant la pandémie de Covid-19 qu’elle lance Agro Hikari, d’abord sous la forme d’une communauté de partage de connaissances agricoles, avec l’ambition de réunir chercheurs, professionnels du secteur et producteurs africains. Le nom lui-même témoigne de son parcours, « hikari » signifiant « lumière » en japonais.

De retour au Bénin, elle transforme cette initiative en entreprise spécialisée dans l’agriculture de précision. Selon EcoMatin, Agro Hikari propose aujourd’hui quatre services :

  • la cartographie des parcelles, pour connaître précisément les surfaces cultivées ;
  • le suivi des cultures, pour détecter tôt les problèmes ;
  • l’analyse des sols, pour adapter les apports d’engrais ;
  • la pulvérisation ciblée par drone, pour traiter uniquement les zones qui en ont besoin.

Selon l’entreprise, ces technologies visent à améliorer les décisions agricoles, à optimiser l’usage des intrants et à accroître la productivité des exploitations.

Une année 2026 de reconnaissance

Son travail lui a valu plusieurs distinctions cette année. Selon le portrait d’AgroMakers, elle a été retenue en juin parmi les 40 pionniers de l’agroalimentaire distingués par la World Food Prize Foundation.

Selon EcoMatin, elle a remporté le 30 septembre 2026, à Cotonou, la finale panafricaine du Prix Pierre Castel 2026, face à sept autres entrepreneurs dont les projets couvraient différents maillons des systèmes alimentaires africains. C’est la première fois qu’un candidat béninois le remporte, et le prix lui a été remis par Gregory Clerc, directeur général du groupe Castel. Selon TSA Algérie, ce concours, créé en 2018 par le Fonds Pierre Castel, récompense de jeunes entrepreneurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

Selon La Nouvelle Tribune, elle a été reçue le 7 octobre 2026, une semaine après sa victoire, par trois ministres béninois, chargés de l’Enseignement supérieur, de la Transformation digitale et de l’Agriculture, pour présenter les activités et les perspectives de croissance d’Agro Hikari.

L’agriculture africaine de demain

Le parcours de Marietta Gonroudobou illustre une tendance de fond : l’arrivée de la technologie dans les champs africains. Les drones, la cartographie et l’analyse de données, longtemps réservés aux grandes exploitations des pays industrialisés, deviennent accessibles grâce à des entreprises qui proposent leurs services à la demande.

L’enjeu est majeur. Optimiser l’usage des engrais et des pesticides réduit les coûts pour les producteurs et limite l’impact sur l’environnement. Mieux suivre les cultures permet d’anticiper les pertes. Dans un pays comme le Bénin, qui mise sur la transformation agricole, ces outils peuvent aider les producteurs à gagner en rendement et en qualité.

Reste un défi : rendre ces services abordables pour les petits exploitants, qui forment l’essentiel de l’agriculture africaine. C’est en relevant ce défi qu’Agro Hikari et les entreprises de sa génération pourront changer d’échelle. Son histoire rappelle aussi la valeur des compétences acquises à l’étranger lorsqu’elles reviennent servir le continent.

 

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