ActualitésBéninFinancePaysSecteurs d'activités

Bénin : les atouts et les défis d’une économie en quête de financements, selon la BAD

Avec 8,1 % de croissance en 2025, le Bénin figure parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique. Mais selon le Rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), il lui faudra mobiliser environ 2,43 milliards de dollars chaque année jusqu’en 2030 pour transformer cette performance en développement durable. Zone industrielle, port, ressources extractives, marchés régionaux : le pays ne manque pas d’atouts pour attirer ces capitaux.

Une croissance parmi les plus fortes d’Afrique

Selon le Rapport pays 2026 de la BAD, présenté dans un communiqué publié le 25 septembre 2026, la croissance béninoise a accéléré en 2025, portée par la construction, l’industrie manufacturière, les transports, le commerce et le dynamisme des investissements publics et privés. La BAD anticipe un léger ralentissement, mais un rythme qui resterait largement supérieur aux moyennes de l’Afrique, de l’Afrique de l’Ouest et de l’économie mondiale.

2,43 milliards de dollars par an : le prix de la transformation

La solidité macroéconomique est réelle. Selon le même rapport, l’inflation est restée contenue à 1,1 % en 2025, le déficit budgétaire a été ramené à 2,8 % du PIB, contre 3 % un an plus tôt, et le déficit courant s’est réduit à 5,8 % du PIB grâce à la hausse des exportations.

Mais la croissance n’a pas encore tout résolu. Toujours selon la BAD, plus du tiers de la population vit toujours dans la pauvreté, et le pays fait face à d’importants besoins en infrastructures, en capital humain et en industrialisation. L’institution estime que le Bénin devra mobiliser environ 2,43 milliards de dollars par an jusqu’en 2030, en priorité dans les transports, l’énergie, l’éducation et l’innovation.

Lors de la présentation du rapport, Tankien Dayo, économiste-pays principal de la BAD et auteur principal du document, a déclaré que le pays avait prouvé sa résilience et que l’étape suivante consistait à mobiliser davantage de ressources publiques et privées pour financer la productivité, l’industrialisation et l’emploi (source : communiqué de la BAD du 25 septembre 2026).

Quatre atouts pour attirer les investisseurs

Dans son rapport, la BAD identifie plusieurs points forts sur lesquels le Bénin peut s’appuyer.

  • La Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). Vitrine de la transformation locale du coton, de la noix de cajou ou de l’ananas, elle compte en 2026 une vingtaine d’unités industrielles opérationnelles et plus de 25 000 emplois créés, selon La Nouvelle Tribune.
  • Le port autonome de Cotonou. Porte d’entrée vers le Nigeria et les pays sahéliens enclavés, il poursuit sa modernisation et son extension.
  • De nouvelles ressources extractives. Leur exploitation prochaine doit diversifier les sources de revenus et d’exportations.
  • Une position stratégique dans l’UEMOA et la CEDEAO. Le pays sert de plateforme vers deux marchés régionaux intégrés.

Le rapport salue aussi les réformes engagées : modernisation de l’administration fiscale, digitalisation des services publics et transparence budgétaire. Selon la BAD, elles ont renforcé la crédibilité du pays et facilité son accès aux marchés internationaux des capitaux. La BAD a d’ailleurs annoncé, dans un communiqué publié le 29 septembre 2026, que le Bénin avait mobilisé un financement international de 500 millions d’euros avec l’appui du Fonds africain de développement.

Les leviers pour combler le besoin de financement

Pour réunir ces capitaux, la BAD recommande, dans son Rapport pays 2026, d’agir sur cinq leviers :

  1. renforcer la mobilisation des ressources intérieures, notamment fiscales ;
  2. améliorer l’efficacité de la dépense publique ;
  3. développer les partenariats public-privé ;
  4. mobiliser les investissements de la diaspora ;
  5. mieux valoriser le capital naturel du pays.

Le rapport de la BAD insiste enfin sur l’approfondissement du secteur financier national. Il propose de renforcer l’intégration du Bénin dans le paysage bancaire panafricain, de mobiliser davantage l’épargne domestique et d’intégrer la finance climatique et la finance islamique au système financier.

Selon la conclusion du Rapport pays 2026 de la BAD, l’enjeu n’est plus de prouver la solidité des fondations, mais de mobiliser les capitaux qui permettront d’accélérer l’industrialisation, de créer des emplois et de rendre la croissance plus inclusive.

Bienvenue sur The Africa Business Index 👋

Votre source incontournable pour les dernières actualités, tendances et histoires fascinantes en entrepreneuriat!

Contactez-nous dès à présent

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
error: