Africa Forward 2026 : Nairobi au cœur du nouveau partenariat économique Afrique-France

A l’issue du forum Africa forward de Nairobi, The Africa Business index vous propose cette semaine une série d’articles et d’infographies sur les dynamiques d’échanges commerciaux entre l’Afrique et la France sur les 10 dernières années.
23 milliards d’euros d’investissements annoncés
Le principal enseignement du sommet reste l’annonce de 23 milliards d’euros d’investissements, dont 14 milliards d’euros d’engagements français et 9 milliards d’euros provenant d’investisseurs africains. Selon les organisateurs, ces financements devraient permettre la création de plus de 250 000 emplois directs sur le continent.
Ces investissements ciblent principalement des secteurs considérés comme stratégiques pour l’avenir économique africain :
- 4,3 milliards d’euros pour la transition énergétique ;
- 3,76 milliards d’euros pour le numérique et l’intelligence artificielle ;
- 3,3 milliards d’euros pour l’économie bleue ;
- 1 milliard d’euros pour l’agriculture ;
- 942 millions d’euros pour la santé ;
- 300 millions d’euros pour l’industrialisation ;
- 250 millions d’euros pour le secteur bancaire et financier.
Cette orientation confirme la volonté de faire du secteur privé, de l’innovation et des infrastructures durables les moteurs de la croissance africaine.

Le commerce France – Afrique subsaharienne en pleine mutation
Les infographies publiées à l’issue du sommet montrent également l’évolution des échanges économiques entre la France et l’Afrique subsaharienne. En 2024, le volume des échanges commerciaux entre les deux espaces a atteint 24,1 milliards d’euros.
Le Nigéria s’impose désormais comme le premier partenaire commercial de la France en Afrique subsaharienne avec 4,9 milliards d’euros d’échanges, devant l’Afrique du Sud (3,1 milliards d’euros) et la Côte d’Ivoire (2,6 milliards d’euros).
Derrière ce trio figurent :
- l’Angola : 2,1 milliards d’euros ;
- le Sénégal : 1,2 milliard d’euros ;
- le Cameroun : 1 milliard d’euros.
Ces chiffres traduisent une diversification progressive des partenariats économiques français sur le continent, avec une montée en puissance des économies anglophones et des marchés énergétiques stratégiques.

Nairobi, symbole d’un repositionnement stratégique
Le choix du Kenya pour accueillir Africa Forward n’est pas anodin. Première économie d’Afrique de l’Est et hub technologique majeur du continent, Nairobi symbolise l’ouverture de la stratégie française vers des marchés africains plus diversifiés, au-delà de son espace francophone traditionnel.
Dans un contexte mondial marqué par la compétition pour les investissements internationaux, la baisse de l’aide publique au développement et les tensions géopolitiques, la France semble vouloir privilégier une logique davantage tournée vers l’investissement, l’innovation et les partenariats économiques équilibrés.
Les annonces faites à Nairobi illustrent également une transition vers un modèle où l’aide au développement laisse progressivement place à des mécanismes de financement axés sur la rentabilité, les infrastructures et la co-construction industrielle.
L’AFD et Proparco multiplient les initiatives
Parmi les annonces majeures du sommet :
- 700 millions d’euros pour le projet portuaire de CMA CGM à Mombasa ;
- près de 500 millions d’euros de transactions signées par Proparco ;
- un prêt de 300 millions d’euros accordé à Transnet en Afrique du Sud pour soutenir la transition énergétique ;
- 20 millions de dollars pour renforcer la production locale de vaccins via le laboratoire sud-africain Biovac ;
- 173 millions d’euros pour améliorer l’accès à l’électricité au Bénin.
Des promesses désormais attendues sur le terrain
Africa Forward Nairobi 2026 marque ainsi une nouvelle étape dans les relations économiques franco-africaines. Reste désormais à transformer ces engagements financiers en projets concrets capables de générer de l’emploi, renforcer l’industrialisation et soutenir une croissance durable sur le continent africain.
La rédaction



