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Blocage du détroit d’Ormuz : quels risques et quelles opportunités pour les économies africaines ?

Crédit photo-France 24

Alors que les tensions militaires s’intensifient dans le Golfe, la menace d’un blocage du détroit d’Ormuz fait trembler les marchés énergétiques. Pour les économies africaines, très dépendantes des importations de carburant, l’impact pourrait être immédiat : hausse des prix, pression budgétaire et fragilisation des chaînes d’approvisionnement. Dans le même temps, certains pays pétroliers du continent pourraient profiter de la flambée des cours.

Une flambée possible des prix de l’énergie

Situé entre l’Iran et Oman, le détroit d’Ormuz relie le Golfe persique à l’océan Indien et constitue l’une des principales routes énergétiques du monde.

Selon l’U.S. Energy Information Administration (EIA), entre 17 et 20 millions de barils de pétrole y transitent chaque jour. Ce passage est également crucial pour le transport du gaz naturel liquéfié (GNL), notamment en provenance du Qatar.

Une perturbation prolongée pourrait provoquer une forte hausse des prix du pétrole. Les analyses de la Banque mondiale et de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) évoquent un baril pouvant dépasser 120 dollars en cas de conflit durable.

Pour de nombreux pays africains importateurs de carburant, l’impact serait immédiat : hausse des prix à la pompe, inflation et pression accrue sur les finances publiques.

Selon la Banque africaine de développement (BAD), le continent importe plus de 45 % de ses produits pétroliers raffinés, ce qui le rend particulièrement exposé aux chocs énergétiques.

Commerce maritime et agriculture sous pression

Le détroit d’Ormuz est également une artère majeure du commerce maritime reliant l’Asie, le Moyen-Orient, l’Europe et l’Afrique. En cas de conflit, les compagnies maritimes pourraient modifier leurs routes et les primes d’assurance fortement augmenter.

D’après l’Organisation maritime internationale (OMI) et la société d’analyse Lloyd’s List Intelligence, les primes d’assurance dans les zones de guerre peuvent être multipliées par cinq ou dix, ce qui renchérit immédiatement le coût du transport maritime.

Mais les effets pourraient aussi toucher l’agriculture. Le Golfe est un fournisseur majeur d’engrais azotés, notamment via le Qatar et l’Arabie saoudite.

Une analyse publiée en mars 2026 par la CNUCED indique que près d’un tiers du commerce mondial d’engrais transporté par mer — environ 16 millions de tonnes — transitait par le détroit d’Ormuz avant la crise. Selon cette organisation, le trafic maritime dans la zone s’est effondré de 97 %, passant de 129 navires par jour en février à seulement quatre le 7 mars.

Pour l’Afrique, déjà dépendante des importations d’intrants agricoles, cette situation pourrait entraîner une hausse des coûts de production et accentuer les risques d’insécurité alimentaire.

Une opportunité pour certains producteurs africains

Tous les pays africains ne seraient cependant pas perdants. Les grands exportateurs de pétrole — Nigeria, Angola, Algérie, Libye, mais aussi certains pays d’Afrique centrale comme le Congo ou le Gabon — pourraient bénéficier de la hausse des prix du brut.

Selon l’économiste et expert-comptable Brice Voltaire Etou Obami, une augmentation durable du baril pourrait permettre à ces États de renforcer leurs recettes pétrolières. Les producteurs d’Afrique centrale disposent notamment d’un avantage lié à la qualité de leur pétrole, souvent léger et recherché par les raffineries internationales.

Une vulnérabilité structurelle

Au-delà de ses effets immédiats, la crise du détroit d’Ormuz rappelle la forte dépendance énergétique du continent.

Pour Carlos Lopes, ancien secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations unies, l’Afrique restera exposée aux chocs extérieurs tant qu’elle n’aura pas développé davantage ses capacités de raffinage et diversifié ses sources d’énergie.

Dans ce contexte, la crise actuelle apparaît comme un rappel brutal de l’urgence pour les pays africains de renforcer leur sécurité énergétique, leurs capacités industrielles et la résilience de leurs chaînes d’approvisionnement.

Danielle N.

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