Sénégal : le gouvernement suspend les déplacements à l’étranger pour réduire les dépenses publiques

Crédit photo-primature du Sénégal
Face à la hausse inquiétante de la dette publique et à des finances fragilisées, le gouvernement sénégalais a annoncé la suspension de tous les déplacements non essentiels de ses ministres et hauts fonctionnaires à l’étranger.
Lors d’un meeting de la jeunesse près de Dakar vendredi 3 avril, le Premier ministre Ousmane Sonko a déclaré : « J’ai pris un certain nombre de mesures de restriction drastique de tout ce qui concerne les dépenses du gouvernement », ajoutant l’« annulation de toutes les missions non essentielles à l’étranger » de ses membres. Le chef du gouvernement a également renoncé à ses propres déplacements prévus ce mois-ci, notamment au Niger, en Espagne et en France.
« Aucun membre du gouvernement ne sera autorisé à quitter le territoire national, sauf pour des missions jugées essentielles dans le cadre de l’action gouvernementale », a insisté M. Sonko, justifiant ces décisions par la situation économique difficile du pays, aggravée selon lui par « une dette exponentielle dont nous avons hérité ».
Une dette publique colossale et des ressources à réorienter
Ces mesures visent à préserver l’équilibre budgétaire et à orienter les ressources vers les priorités nationales. Le Sénégal, qui a rejoint le club des pays producteurs de pétrole en juin 2024 avec le lancement du champ de Sangomar au large de Dakar, reste confronté à un niveau d’endettement préoccupant : la dette du secteur public et parapublic est estimée à 132 % du PIB à fin 2024.
Le gouvernement accuse l’ancienne administration d’avoir dissimulé les véritables chiffres sur des indicateurs clés comme la dette publique et le déficit budgétaire. Cette opacité a conduit le Fonds monétaire international (FMI) à suspendre son programme d’aide de 1,8 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros) conclu en 2023, en attendant des clarifications et des engagements précis des autorités sénégalaises.
Mi-octobre, les négociations entre le FMI et le Sénégal ont repris en vue d’un nouveau programme d’aide. Dans ce contexte, le Premier ministre a insisté : « Aucun ministre de mon gouvernement ne bougera du pays, sauf pour des missions essentielles. »
Un plan d’austérité pour faire face aux chocs mondiaux
La suspension des missions non essentielles s’inscrit dans un plan plus large d’austérité visant à réduire le train de vie de l’exécutif et à préserver les ressources publiques. Selon Ousmane Sonko, la flambée des prix du pétrole, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient, rend ces mesures « indispensables pour anticiper les difficultés économiques à venir ».
D’autres annonces, notamment du ministère de l’Énergie, sont attendues dans les prochains jours pour compléter ce plan d’économie et renforcer la résilience du pays face aux pressions financières et aux contraintes budgétaires.
Danielle N.



