Afreximbank finance le rachat d’Oryx Energies par ses dirigeants

Credit photo : Agence Ecofin
Afreximbank a décaissé, le 28 octobre 2026, 975 millions de dollars pour financer le rachat d’Oryx Energies par son équipe dirigeante. Avec cette opération, l’un des plus anciens distributeurs indépendants de produits pétroliers en Afrique passe pour la première fois sous contrôle majoritairement africain, après près de quarante ans entre les mains du Suisse Jean-Claude Gandur.
Un rachat par les cadres financé par Afreximbank
Selon l’Agence Ecofin, qui a rapporté l’information le 30 octobre 2026, la Banque africaine d’import-export a approuvé et décaissé un financement de 975 millions de dollars pour contribuer au rachat d’Oryx Energies SA, la holding d’Addax Energy, par ses cadres. Selon Reuters, ce montant ne finance qu’une partie de l’opération.
Selon Confidentiel Afrique, repris par AllAfrica le 1er novembre 2026, Afreximbank intervient à la fois comme prêteur unique, agent de crédit et fiduciaire. L’opération porte sur le rachat des parts détenues par AOG, la holding du fondateur Jean-Claude Gandur, qui contrôlait le groupe depuis 1987.
La valeur de l’opération n’a pas été rendue publique. Selon Bloomberg, cité par AllAfrica, elle serait d’environ un milliard de dollars. Ni Oryx ni Afreximbank n’ont confirmé ce chiffre.
Moussa Diao, de jeune trader à propriétaire
Le rachat est porté par l’équipe de direction conduite par Moussa Diao. Selon AllAfrica, ce Sénégalais a rejoint le groupe en 1999 comme jeune trader et en est le directeur général depuis 2019. Le Français Hervé Bouvet, responsable du trading, fait aussi partie de l’équipe.
« Ce rachat par les cadres marque une étape importante dans l’histoire d’Oryx Energies et la poursuite d’efforts auxquels notre équipe de direction participe depuis de nombreuses années », a déclaré Moussa Diao, selon Togo Presse. Il y voit le signe de « la force d’un leadership africain expérimenté ». Pour George Elombi, président d’Afreximbank, l’opération s’inscrit dans la mission de la banque : favoriser la transformation structurelle des économies africaines.
Oryx Energies en chiffres
Oryx fournit, stocke et distribue des carburants, du gaz de pétrole liquéfié (GPL) et des lubrifiants, et propose un service d’avitaillement des navires.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Présence sur le continent | plus de 35 ans |
| Pays d’implantation | plus de 20 selon Afreximbank, plus de 30 selon AllAfrica |
| Stations-service | plus de 410 |
| Terminaux majeurs | 11 |
| Capacités de stockage | environ 1 million de m³ |
| Volumes commercialisés | environ 9,4 millions de tonnes par an |
| Effectifs | plus de 1 800 personnes |
Données du tableau : Agence Ecofin et AllAfrica.
Le groupe se réorganise en parallèle. Selon AllAfrica, Oryx a accepté de céder ses activités de distribution au Mali, en Côte d’Ivoire et au Togo à NDC Énergies, du Malien Mamadou Niangadou, qui avait déjà repris les actifs maliens de TotalEnergies en janvier 2026. Cette cession reste soumise aux autorisations réglementaires.
L’aval pétrolier change de mains
L’opération illustre un mouvement de fond. Les majors et les grands négociants étrangers réduisent leur présence dans la distribution de carburants en Afrique, et des acteurs africains reprennent les actifs, à l’image d’Ivoire Win d’Oumou Coulibaly en Côte d’Ivoire. Les stations-service, dépôts et terminaux restent pourtant stratégiques : la demande de produits pétroliers continue de croître sur le continent, et le contrôle de la logistique pèse sur la sécurité d’approvisionnement.
Pour Afreximbank, c’est un précédent. Financer un rachat par des dirigeants africains à cette échelle montre qu’une institution du continent peut accompagner la sortie d’un actionnaire étranger. La banque étend d’ailleurs son action dans l’énergie : elle porte, avec l’Organisation des producteurs de pétrole africains, l’Africa Energy Bank, dont l’assemblée générale inaugurale s’est tenue le 31 octobre à Abuja.
Le défi pour la nouvelle direction sera de rembourser une dette importante tout en investissant, dans un secteur aux marges serrées et exposé aux variations des prix et des devises.
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