Aminata Touré, promotrice de la trajectoire d’Abidjan au FMI

Crédit Photos : Scoop Afrique
Pendant trois ans, Aminata Touré a été la voix du Fonds monétaire international à Abidjan. Représentante résidente du FMI en Côte d’Ivoire depuis 2023, elle a accompagné un programme de près de 4,8 milliards de dollars, qu’elle qualifie de « franc succès ». À son départ, en septembre 2026, l’État ivoirien l’a élevée au grade de commandeur de l’Ordre national.
Trois ans au côté du Plateau
Le rôle de représentant résident du FMI est discret, mais stratégique. Installé dans le pays, il assure le lien permanent entre l’institution de Washington, le gouvernement, la banque centrale et les partenaires. Il suit l’exécution du programme, prépare les missions de revue et explique, en public comme en coulisses, les choix de politique économique.
Selon Afrik Soir, qui a rapporté l’information le 8 septembre 2026, Aminata Touré occupait ce poste depuis 2023. Son parcours s’est construit autour des grands équilibres macroéconomiques, des finances publiques, de la gestion de la dette, de la mobilisation des ressources et des réformes structurelles. Son mandat a coïncidé presque exactement avec le programme conclu entre la Côte d’Ivoire et le FMI pour la période 2023-2026.
Le programme 2023-2026 en chiffres
Le FMI a annoncé, dans un communiqué publié le 26 juin 2026, l’achèvement de la sixième revue des accords conclus avec la Côte d’Ivoire. Le dispositif comptait deux volets :
| Volet | Approbation | Montant |
|---|---|---|
| Mécanisme élargi de crédit et Facilité élargie de crédit (MEDC/FEC) | mai 2023 | environ 3,5 milliards de dollars |
| Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), dédiée au climat | mars 2024 | environ 1,3 milliard de dollars |
| Décaissement lié à la revue de juin 2026 | juin 2026 | environ 832,8 millions de dollars |
Données du tableau : FMI, communiqué n° 26/222.
Sur la même période, la croissance est restée robuste, selon les chiffres du FMI :
| Année | Croissance du PIB réel |
|---|---|
| 2023 | 6,6 % |
| 2024 | 6,0 % |
| 2025 | 6,5 % |
| 2026 (projection) | environ 6 % |
Le conseil d’administration du FMI a jugé « approprié » un assouplissement « temporaire et modéré » de l’objectif de déficit pour 2026. La guerre au Moyen-Orient a en effet pesé sur les recettes pétrolières et cacaoyères et sur les ménages vulnérables.
Un bilan sans fausse modestie
Le 8 septembre 2026, le président Alassane Ouattara a reçu Aminata Touré au palais de la Présidence pour une audience de fin de mission. Selon Afrique sur 7, elle a déclaré à cette occasion que « la Côte d’Ivoire a enregistré des performances économiques remarquables au cours de ces trois dernières années ». Elle a qualifié l’exécution du programme de « véritable succès », les principaux objectifs ayant été atteints, et ajouté : « Pour couronner ces résultats, la gestion de la dette s’est également révélée efficace. »
Selon APA News, elle a souligné que ces résultats étaient ceux que « très peu de pays de la sous-région ont pu atteindre » sur la même période. Toujours selon APA News, le déficit budgétaire est revenu dans la limite de 3 % du PIB, la norme communautaire de l’UEMOA.
Le même jour, elle a été élevée au grade de commandeur de l’Ordre national, lors d’une cérémonie à la Grande Chancellerie. « Je quitte mes fonctions avec une très grande confiance en la capacité de la Côte d’Ivoire », a-t-elle déclaré, selon Afrik Soir.
Cette reconnaissance dit le rôle de passeur qu’elle a joué. Pour un pays qui emprunte régulièrement sur les marchés internationaux, la crédibilité du programme avec le FMI pèse directement sur le coût de la dette et sur la confiance des investisseurs.
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